En bref : la trichorrhexis invaginata, ou « cheveux en bambou », est une anomalie de la tige capillaire : la fibre s’invagine sur elle-même et forme des nodosités au niveau desquelles elle se casse très facilement. Les cheveux restent courts et clairsemés. C’est le signe capillaire caractéristique du syndrome de Netherton, une maladie génétique ; le diagnostic relève donc du dermatologue et les soins de la fibre doivent être extrêmement doux.
Si l’on vous a parlé de « cheveux en bambou », ou si vous connaissez un enfant dont les cheveux ne poussent pas, se cassent au moindre frottement et s’accompagnent de problèmes de peau, nous vous expliquons ici ce qu’est la trichorrhexis invaginata, pourquoi elle apparaît, comment on la diagnostique et comment protéger une fibre aussi délicate.

Qu'est-ce que la trichorrhexis invaginata ?
La tige capillaire est une structure de kératine organisée en couches : une cuticule externe faite d’écailles, un cortex qui lui confère résistance et élasticité et, parfois, une médulla centrale. Lorsque cette organisation se met correctement en place dans le follicule, le cheveu est souple et supporte le coiffage et les frottements du quotidien. Vous pouvez la revoir dans notre chapitre consacré au cheveu et à sa structure.
Dans la trichorrhexis invaginata, la kératinisation de la fibre est incomplète en certains points. Le segment concerné reste trop mou et le segment distal, plus dur, vient s’emboîter dans le segment proximal, à la manière d’une articulation à rotule (boule et cavité). Observée de près, la fibre présente des nodosités séparées par des portions d’aspect normal : d’où le nom de « cheveux en bambou ». Chaque nodosité constitue un point faible au niveau duquel le cheveu finit par se casser.
Il s’agit de l’une des anomalies de la tige capillaire qui fragilisent le plus la fibre et, contrairement à d’autres, elle n’est pas due à des agressions extérieures, mais à la façon dont la fibre est fabriquée.
À quoi ressemblent les cheveux en bambou ?
À l’œil nu, les cheveux atteints de trichorrhexis invaginata sont généralement courts, fins, clairsemés, rêches et ternes. Ce n’est pas qu’ils « tombent » : ils ne parviennent pas à pousser, car ils se cassent avant d’atteindre une longueur normale. Les zones les plus exposées aux frottements, comme la nuque et les côtés, paraissent souvent plus dégarnies. L’anomalie peut aussi toucher les sourcils et les cils ; d’ailleurs, c’est souvent au niveau des sourcils que les nodosités s’identifient le mieux au microscope.
Trichorrhexis invaginata et syndrome de Netherton
Il convient de l’expliquer avec prudence : nous parlons d’une maladie, et non d’un problème cosmétique. La trichorrhexis invaginata est le signe capillaire caractéristique du syndrome de Netherton, une génodermatose, c’est-à-dire une maladie de la peau d’origine génétique. Elle est associée à des mutations du gène SPINK5, qui code une protéine régulant certaines enzymes de l’épiderme ; lorsque cette régulation est défaillante, la barrière cutanée et la formation du cheveu s’en trouvent altérées.
La transmission est autosomique récessive : pour que la maladie se manifeste, la personne doit recevoir une copie altérée du gène de chacun de ses parents, lesquels sont généralement porteurs sans présenter de symptômes. Ces informations doivent être expliquées par un médecin ou un service de génétique, qui évaluera la situation propre à chaque famille.
Outre la fragilité des cheveux, le syndrome s’accompagne généralement de rougeurs et d’une desquamation de la peau dès les premiers mois de vie, d’une éruption caractéristique aux bords desquamatifs et d’une nette tendance atopique, avec démangeaisons, eczéma et allergies. L’expression varie beaucoup d’une personne à l’autre. Les cheveux en bambou ont été décrits de façon occasionnelle en dehors de ce syndrome, mais, en pratique, leur découverte impose d’explorer cette possibilité.
Comment se fait le diagnostic ?
Le diagnostic ne se pose pas à l’œil nu. Le dermatologue a recours à la trichoscopie, un examen au dermatoscope qui agrandit l’image des cheveux et du cuir chevelu, ainsi qu’à la microscopie optique de cheveux coupés ou tombés. On y observe les nodosités d’invagination et, fréquemment, des extrémités cassées en forme de coupe ou de « tee de golf », qui correspondent au segment proximal resté vide après la rupture de la nodosité.
Les nodosités ne sont présentes ni sur tous les cheveux ni sur toute la longueur de la fibre ; il faut donc parfois examiner plusieurs échantillons, y compris au niveau des sourcils. L’étude des cheveux s’inscrit par ailleurs dans une évaluation plus large : peau, antécédents familiaux et, si le médecin le juge opportun, analyse génétique. Devant une suspicion de cheveux en bambou, la démarche à suivre passe par le dermatologue ou le pédiatre, pas par un changement de shampooing.
Comment prendre soin des cheveux atteints de trichorrhexis invaginata ?
Les soins dermocosmétiques ne corrigent pas l’anomalie, puisque la fibre naît déjà avec ces points faibles. Ils peuvent en revanche limiter ce qui accélère la casse et préserver le confort d’un cuir chevelu souvent sensible. Les facteurs qui favorisent la casse de n’importe quelle fibre sont détaillés dans notre article pourquoi les cheveux se cassent. Concrètement, dans ce cas précis :
- Évitez toute traction. Pas de queues-de-cheval serrées, de tresses tendues, d’élastiques fins ni de serre-têtes qui frottent.
- Oubliez la chaleur. Lisseurs, fers à boucler et sèche-cheveux à haute température fragilisent encore davantage une kératine déjà fragile ; si vous utilisez un sèche-cheveux, préférez l’air tiède, à distance et sans tirer.
- Aucun traitement chimique. Décolorations, colorations agressives, permanentes ou lissages n’ont pas leur place sur ces cheveux.
- Lavez en douceur. Shampooing très doux, adapté aux peaux sensibles, eau tiède et application du bout des doigts, sans frotter les longueurs.
- Démêlez avec précaution. Un après-shampooing léger aide les fibres à glisser les unes contre les autres ; démêlez sur cheveux humides, avec un peigne à dents larges, des pointes vers les racines.
- Réduisez les frottements. Taies d’oreiller en tissu lisse, séchage à la serviette par pressions et coupes simples qui n’exigent pas de manipulation.
- Suivez la prescription médicale. Dans le syndrome de Netherton, le traitement de la peau est prescrit par le dermatologue ; tout cosmétique doit être compatible avec cette prise en charge.
Peut-il y avoir une amélioration avec l'âge ?
Ici, la prudence s’impose. Chez certaines personnes, la fragilité capillaire liée au syndrome de Netherton devient moins marquée avec les années et les cheveux parviennent à gagner un peu de longueur. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde, l’anomalie structurelle ne disparaît pas et l’évolution est très variable. Des soins doux et réguliers restent la meilleure façon de protéger la fibre, sans que personne ne puisse garantir un résultat précis.
Quand consulter et qui consulter ?
Si vous observez chez un bébé ou un enfant des cheveux qui ne poussent pas, se cassent facilement et s’accompagnent d’une peau rouge, qui desquame ou présente un eczéma persistant, consultez sans attendre le pédiatre ou le dermatologue. Il en va de même si, à l’âge adulte, vous avez depuis toujours des cheveux fragiles, des sourcils clairsemés et des problèmes de peau sans explication claire.
Une fois le diagnostic posé par votre médecin, si vous avez des doutes sur la routine de lavage et de soin d’une fibre aussi délicate, vous pouvez envoyer vos photos et un court questionnaire à notre Clinique Capillaire en ligne : un spécialiste en trichologie vous orientera gratuitement et sans engagement, toujours en complément de l’évaluation médicale, jamais à sa place.
Questions fréquentes
Une anomalie de la tige capillaire dans laquelle la fibre s’invagine sur elle-même en formant des nodosités qui lui donnent l’aspect d’une tige de bambou. Les cheveux se cassent au niveau de ces nodosités et restent courts et clairsemés. C’est le signe capillaire caractéristique de ce syndrome et leur découverte conduit à explorer cette possibilité. Ils ont été décrits occasionnellement dans d’autres contextes, mais l’évaluation relève toujours du dermatologue. Non. Les dermocosmétiques ne corrigent pas l’anomalie de la fibre ; ils aident en revanche à limiter la casse due aux frottements, à la traction ou à la chaleur, grâce à des formules douces compatibles avec la prise en charge du dermatologue. Chez certaines personnes, la fragilité s’atténue avec l’âge, mais pas dans tous les cas : l’évolution est très variable et doit être suivie par le dermatologue.Qu'est-ce que la trichorrhexis invaginata ?
Les cheveux en bambou sont-ils toujours liés au syndrome de Netherton ?
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Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un avis médical personnalisé. Les produits SIMONE TRICHOLOGY sont des dermocosmétiques et ne sont pas destinés à diagnostiquer, traiter, guérir ou prévenir une quelconque maladie.














